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    Frédéric Levé
 
Une première exposition lui fut consacrée  à Villevaudé
les
28-29-30 Avril 2006
 
 
            Sa vie, son Œuvre
 
 
 
Il participa à la vie de la commune de Villevaudé, fut élu au conseil municipal et même nommé par ses collègues adjoint au Maire de Villevaudé.
 
Il s’agissait pour nous d’initier une occasion de rendre hommage à ce peintre qui habitait Montjay la tour et qui participa activement à l’Union des Artistes de Lagny sur marne.
 
 
Sa peinture s’inscrit dans le mouvement post-impressionniste, elle témoigne de scènes réalistes de la vie de tous les jours, montre des paysages de notre village et des villages avoisinants. Frédéric Levé fleurit ses toiles de bouquet de fleurs et cisèle des gravures très finement colorées. Sa facture est souple et douce à l’image de son caractère plein d’humilité de simplicité et de sensibilité, même si sur la fin de sa vie les difficultés ne l’épargnent pas.
 
La municipalité détient historiquement un grand tableau représentant un « bureau de vote », (1908) scène illustrant une période mouvementée de la troisième république, ou les personnages sont bien campés et montrent de par leurs attitudes, soit leur appartenance à une corporation ou soit à une origine sociale. Ce scrutin a du vraisemblablement se dérouler dans une atmosphère passionnée. Rappelons nous que les femmes n’ont pas encore obtenu le droit de vote, elles sont donc absentes de ce «  bureau de vote », même si les suffragettes manifestent dehors.
 
Plusieurs générations d’écoliers de Villevaudé se sont succédés avec ce tableau en fond de classe, leur rappelant par sa symbolique, le droit de s’exprimer démocratiquement qui, par chance, figure dans nos institutions.
 
Il est l’œuvre centrale de notre exposition et fut donné par Frédéric LEVE à la commune de Villevaudé, Frédéric LEVE est cité en tant que membre bienfaiteur de notre commune (voir la plaque en mairie portant son nom)
Malheureusement sa notoriété n’a pas atteint la dimension de son talent et du travail qu’il a produit.
Parisien de naissance,(né le 3 juillet 1877 dans le 8ème arrondissement, sa naissance est déclarée par la sage femme qui a aidé sa mère à le mettre au monde, mais ce n’est que le 13 octobre 1886 que sa mère l’a officiellement reconnu comme étant son fils par acte séparé, son père n’étant pas dénommé) il fréquente l’atelier de Jean Léon Gérome (1824 –1894) et devient sont élève, il fréquente également Lionello Balestrieri (né en 1874) Ses premières peintures s’inspirent de ces deux peintres.
 
Il s’inscrit à la société des artistes français en 1905.
 
Il figure dans le dictionnaire « Bénézit » dictionnaire des peintres et sculpteurs côtés.
 
Il est listé aux Etats Unis sur le guide : Davenport Art Reference Guide. Member of fine Arts Union des artistes Français as French painter and printmaker.
 
Un Tableau de Frédéric Levé a été vendu à New York en 1990
                              
 
« Beauté d’un harem assise sur une peau de Léopard » ( toile176x137)
 
Une autre vente figure à Londres en 1993 « Versailles » ( toile 100 x130)
 
Il expose au salon des artistes français de 1907 « la veillée »
 
 
 
                                  Document inédit carte postale d’époque- au dos l’inscription de la main de l’artiste
 
Il reçoit une mention honorable en 1908.
 
Il expose au salon des artistes français de 1909 le tableau que nous connaissons à Villevaudé
                                       « Le bureau de vote –huile sur toile »
 
 
 
                                     Document inédit carte postale- au dos l’inscription de la main de l’artiste
 
En 1910 il expose au salon des artistes français « la mort de Henri Regnault »
 
 
 
                      Document inédit
 
 
Ce tableau longtemps exposé dans la mairie de Suresnes, sera détruit pendant les bombardements de la dernière guerre (39- 45)
 
 
 
Photo de la mairie de Suresnes touchée par les bombardements et celle de la mairie provisoirement installée dans l’école Jules ferry
 (que votre serviteur fréquenta…en 1950 en tant qu’écolier.)
 
Il est présent au 4ème salon du mobilier à Paris en 1911 n°837 : « un nuage – huile sur toile »
 
 
                            Document inédit carte postale- au dos l’inscription de la main de l’artiste
 
 
 
 
Œuvres exposées également en 1911 n°838 : quiétude – n°839 étude – N°840 à 842 : gravures originales en couleur.
 
 
 
Présent également au 130ème salon des artistes français en 1912. il présente les œuvres suivantes N°1146 : la leçon à Coco (peinture) N°4929 : le vieux pont de Vernon ( eau-forte en couleurs) N° 4930 : canal dans les Flandres (eau-forte en couleurs)
et le retour de pêche à Yport (huile sur toile)
 
 
 
 
 
Document inédit carte postale- au dos l’inscription de la main de l’artiste
 
 
 
 
 
Au 131ème salon des artistes français en 1913.
 
Il expose le célèbre tableau du retour de pêche d’Islande présent au musée de Lagny sur marne.(huile sur toile)
  
Ce tableau est cité par Charles Legoffic - Bretagne – Paris 1921 reproduction du tableau « le départ des pêcheurs d’Islande » appartenant aujourd’hui au musée de Lagny s/marne. ( Page 166 )
 
Ce tableau fait l’objet d’une controverse certains prétendent qu’il s’agit du retour et non du départ…..il fut exposé lors de notre première exposition gracieusement prêté par le musée de Lagny s/marne.
 
 
 
 
 
 
 
Et au salon d’hiver de la même année
« Retour d’un feu de joie en Bretagne »
 
 
  Document inédit carte postale- au dos l’inscription de la main de l’artiste
 
 
Guillaume Apollinaire cite Frédéric Levé  (œuvres complètes, Paris, Ballaud et Lecas 1966 page 130).
 
Au 132ème salon des artistes français en 1914 Frédéric LEVE présente diverses œuvres N° 5258 : le barrage du moulin (eau-forte originale en couleur) et une huile sur toile « le vent »
 
le barrage du moulin (aquatinte)
 
                                           Document inédit carte postale- au dos l’inscription de la main de l’artiste
 
 
 
 
Le 22 juin 1921 il devient propriétaire d’une maison à Montjay la tour, qu’il acquiert à la suite d’un jugement d’adjudication rendu en audience publique de la chambre des criées du tribunal civil de première instance du département de la Seine, admise en vente sur enchères de cette maison à la suite d’une succession, pour une somme de 10 401,75 francs.
 
Cette propriété est aujourd’hui celle de Monsieur et Madame GODEFROY, 12 rue Charles de Gaulle à Montjay la tour.
 
L’année suivante, le 21 février 1922, il épouse Hélène, Blanche, Jeanne Riou à Neuilly sur Seine ou il réside 99 rue Perronet.
 
 Il s’installe sur notre commune et peut être qu’à l’occasion des contacts amicaux qu’il entretient avec Edouard Cortés visite-t- il la première exposition de 1927 organisée par les artistes du groupe de Lagny sur Marne ? Quoiqu’il en soit l’année suivante, il adhère à l’Union des Beaux arts de Lagny s/Marne et participe à son salon.
 
L’Union des Beaux Arts de Lagny fondée en 1926 succède à l’Union Artistique et littéraire du canton de Lagny qui existait de 1899 à 1907 tenant cinq salons à Lagny s/Marne.
 
 
En 1926, l’initiative de deux anciens membres de l’Union, Eugène BALTO et Edouard CORTES sont à l’origine de la nouvelle société. Très vite, une amicale et solide équipe se regroupe autour d’eux, bientôt dominé par Pierre MONTEZIN futur membre de l’institut.
Le premier président Edouard CORTES bien connu pour ses vues de Paris, le reste jusqu’à la guerre, alors que les activités s’arrêtent. A la reprise en 1947, Emile PRODHON lui succède, il garde le poste près d’un quart de siècle, il décède en 1974. Jacques Ludovic CHENOT le remplace. Le salon de 1989 est le dernier de la société qui ne semble pas avoir été dissout officiellement depuis.
 
De 1927 à 1989, l’Union Des Beaux Arts a organisé 48 expositions à Lagny et montre une activité artistique intense, il en reste de nombreux catalogues en témoignage.
 
L’Union des Beaux Arts de Lagny comprend un Comité d’honneur et un Comité de direction, une commission de réception des œuvres et une commission de placement.
 
Frédéric LEVE qui expose pour la première fois en 1928 à Lagny est mentionné par la qualité de son œuvre, et son assiduité aux salons le font vite remarquer. Eugêne BALTO écrit un article élogieux sur lui dans le Publicateur de Meaux le 19 juillet 1930.
 
Le 8 mars 1931, le comité directeur propose de l’accueillir parmi ses membres, et le 4 juillet Frédéric LEVE est élu remplaçant de l’architecte Marcel DERNY, bien intégré au groupe on le retrouve aux vernissages ou aux banquets qui réunissent les artistes en toute camaraderie. C’est ainsi qu’il apparaît sur plusieurs photographies en 1929,1931,1932….
 
 
 
Il participe à l’exposition de Crécy en brie du 21 juin au 5juillet 1931, à celle du cercle horticole de la Brie à Chelles en 1934, à la 22ème exposition de la société Artistique meldoise du 11juin au 4 juillet 1937 au catalogue de l’exposition N° 98 : Paysage de Nantouillet, peinture, N°99 : effet de noir, peinture.
 
Le 16 mars 1935 , Frédéric LEVE devient trésorier après le départ d‘Eugène FAUSSARD avec qui il échangeait en 1933 des courriers acerbes, celui-ci ne lui remettant pas ses papiers, il refuse tout d’abord, puis accepte après la remise des documents exigés.
 
Cette même année le 23 mai 1935, il est élu au conseil municipal de Villevaudé et devient le rapporteur de la commission des travaux ainsi que de la commission des fêtes.
 
Le 15 février 1936, il rend les comptes de l’Union des beaux Arts de Lagny de l’année écoulée qui témoignent d’une excellente gestion et de bons résultats. Mais sans raison avancée, il abandonne sa fonction la laissant à Gilbert CRAMPON. Toutefois, on ne semble pas lui tenir rigueur de sa défection, et il reste au comité directeur.
 
Au sein du conseil municipal en 1937 il participe à la révision des listes électorales en compagnie d’un autre conseiller Monsieur SABATHIER. Il est assidu à toutes les séances du conseil municipal et l’on retrouve systématiquement sa signature sur les procès verbaux du Conseil jusqu’en 1938.
Coté Union des Beaux Arts, le 28 janvier 1939, Frédéric LEVE est élu vice-président avec Alexandre JACOB. En raison de la guerre il n’y a pas d’exposition cette année là. Il n’y a pas de réunion avant le 16 mai 1942.
 
Il est absent, venant d’être victime d’un accident assez grave, une chute de vélo, provoquée par une syncope.
 
Le 31 Octobre 1947, il est de nouveau élu au conseil municipal de Villevaudé, il est agé de 70 ans, et en tant que membre le plus âgé du conseil il préside cette première séance, rend hommage à l’œuvre du conseil sortant, et fait procéder à l’élection du maire et de ses adjoints.
 
C’est lors de cette séance que Monsieur ALBINET fut nommé Maire de Villevaudé, Monsieur SABATHIER premier adjoint et que Frédéric LEVE fut nommé second adjoint au maire de notre commune (le procès verbal des délibérations précise qu’il ne percevra pas d’indemnités pour cette fonction.)
 
 
Selon un témoignage reçu : Frédéric Levé est apprécié de tous à Montjay la tour, et c’est pour cette raison qu’il fut repris sur la liste municipale d’après guerre, on le dit particulièrement droit respectueux, ouvert et de plus il dispose de libertés que d’autres n’ont pas à cause de leurs fonctions. Et c’est en toute confiance que le Maire lui laisse préparer les dossiers et qu’il les signe.
 
Plus anecdotique, il fut arrêté pour défaut de permis de conduire et le Maire de l’époque monsieur ALBINET du se déplacer au commissariat de Chelles car son permis de conduire portait la mention : conduite des « automobiles à pétrole » et non à essence, et il lui fallut argumenter que l’essence était la résultante du pétrole……Frédéric Levé fut reconnu apte à conduire avec son permis actuel….
 
Les membres du Comité directeur de l’Union des Beaux Arts de Lagny, dont Frédéric LEVE ne se retrouvent pas avant novembre 1947. Que se passe-t-il alors : constat d’inaction forcée, critiques à l’égard de certains ? s’estimant peut être visé par ces reproches, Frédéric LEVE, dont le caractère apparaît de plus en plus ombrageux, présente sa démission de vice président le 20 décembre 1947. Emile PRODHON accède à la présidence, Edouard CORTES étant parti pour la Normandie. Revenu sur sa décision, Frédéric LEVE reste vice président, associé à Victor DIETSCH. Lors des réunions des années suivantes, il est rarement assidu mais garde son poste.
 
Ces années sont des années difficiles d’après guerre. Conséquence de cette guerre qui a parfois transformé les situations des uns et des autres. Lui qui avait acheté sa maison en 1921 et possédait une voiture dans ces années là, pouvait être considéré comme quelqu’un ayant réussi. Il subit la grande dépression économique des années de l’occupation, le rationnement et bien entendu une mévente de sa production pendant cette crise, néanmoins il fait preuve de générosité ainsi que son épouse, lorsqu’il s’agit de secourir des personnes dans le besoin n’hésitant pas à partager ses repas (témoignage reçu). Pourtant la vie ne doit pas être tous les jours rose pour lui. La séance du conseil municipal du 18 mars 1950 rapporte que les conseillers municipaux se sont prononcés sur les attributions de « carte d’économiquement faible » aux personnes ayant de très faibles revenus souvent privés de retraite.
 
Il en est bénéficiaire.
 
La signature de Frédéric LEVE apparaît sur les registres du conseil municipal jusqu’au 24 janvier 1953.
Le 22 octobre 1955, il manifeste malgré tout son attachement à l’Union des Beaux Arts de Lagny par une lettre que le secrétaire général Robert CATHELINEAU mentionne ainsi : « Un ancien de l’union des Beaux Arts, Monsieur LEVE nous fait parvenir un cordial bonjour, ce dernier sera contacté par le Président ».
 
Il ne faudrait pas croire que les liens étaient rompus. Le grand âge de Frédéric LEVE, les difficultés matérielles, le déplacement à Lagny expliquent ses absences aux réunions du Comité, mais sa fidélité demeure entière aux salons auxquels il participe chaque fois qu’ils se tiennent. Il apporte aussi sa contribution à l’initiative proposée par Robert CATHELINEAU en faveur du musée municipal de Lagny, réinstallé en 1955. Pour enrichir les collections, l’Union des beaux Arts invite ses membres à donner ou à déposer une de leurs œuvres en exposition permanente à la mairie. En 1957, Frédéric LEVE offre à la ville de Lagny sa grande toile de 1913, «  Le retour des pêcheurs d’Islande à Paimpol » La presse locale signale ce geste généreux au bénéfice du musée, où le tableau est inventorié (57-6-1). Pour un temps en 2005, la peinture retrouve Paimpol, étant prêtée au musée de la mer pour une exposition.
 
L’examen des catalogues montre que Frédéric LEVE expose aux salons de Lagny, jusqu’au 24éme salon en 1959. A ceux de 1962 et 1963 il est absent et à celui de 1966 il est montré dans la liste des sociétaires décédés. Jusqu’à sa disparition il reste vice-président avec Léon TOURNEAU, puis avec Robert PLEE, mais aucune notice ne signale la fin de ce bon peintre, qui demeure pratiquement inconnu….et dont les gravures sont fines, délicates et réalistes.
 
En 1961 son épouse décède et particulièrement affecté par sa disparition, il se retire à la maison de retraite de la fondation FAVIER à Bry sur Marne. Souvent Monsieur ALBINET et Monsieur SABATHIER lui rendent visite et cela donne l’occasion d’évoquer la vie à Montjay la Tour et le vif plaisir qu’ils ont à le retrouver.
 
Il décède en réalité le 27 mai 1968 à l’hôpital Ste Camille de Bry-sur-marne ( 94) alors que l’Union des Artistes de Lagny le considère disparu déjà depuis deux ans.
 
Le conseil Municipal décide de dédier à sa mémoire une rue que tous les Villevaudéens connaissent et en même temps de baptiser une autre rue du nom de : Adèle Claret pour un don qu’elle fit à la commune de Villevaudé d’une façon testamentaire.
 
Souvent les œuvres produites par Frédéric LEVE ont des appellations génériques ; « paysages » ou « fleurs » d’où la difficulté de départager, peintures, gouaches, eaux-fortes et autres, en absence de précision.
 
En résumé, l’œuvre de Frédéric LEVE reste toujours à découvrir, même si elle a été unanimement appréciée de son temps.
 
Frédéric LEVE en vivant à Montjay la tour a privilégié son cadre de vie, plutôt que la postérité que lui aurait apporté les grandes galeries parisiennes et les cercles artistiques qu’il fréquentait avant 1921.
 
Il repose dans l’ancien cimetière de Villevaudé aux cotés de son épouse. Aujourd’hui une simple dalle de béton et une plaque « FAMILLE LEVE » cassée en quatre morceaux signale sa sépulture (allée centrale sur la gauche avant le monument aux morts de la grande guerre).
Suite à notre exposition de 2006 sa tombe fut réhabilité et la plaque refaite.
 
 
 
 
recherches et textes de Claude PETIT